Confession

Je suis un être épris de contradictions,
De vides faussetés et d’âpres fictions.
J’aime me contempler ; mon image m’obstine ;
Je me complais à croire en ma beauté divine…
Mais je ne suis pas dupe et je suis conscient
De cette vanité qui me flatte et me ment.
Le jour, je porte un masque au rayonnant sourire
Qui, pour tromper autrui, tout juste peut suffire.
Lorsque la nuit s’abat et que tombe le fard,
Seul subsiste un visage au teint morne et blafard,
Grotesque paravent d’un mannequin fragile.
Je suis faible, et je hais cette faiblesse vile
Car la moindre douleur, le moindre déplaisir
Plongent mon âme frêle en un sombre nadir.
Mon estime me vient du regard de la foule ;
De ce vin insipide, il faut que je me saoûle ;
Tarissez donc sa source et vous aurez l’honneur
De voir mon désespoir dans toute sa splendeur.
Achevons ce portrait par une fantaisie,
Ridicule chimère ointe d’hypocrisie :
Mon coeur présomptueux, malgré tous mes défauts,
Mes tares, mes travers, mes vices et mes maux,
Aspire à rencontrer une moitié qui l’aime.
Mais qui voudrait d’un sot qui se rit de lui-même ?