🪶 XXI – Le Monde
Sur le marbre fêlé des antiques frontons
Qu’arborent dignement les flancs du mausolée,
Subsiste le contour d’une ombre mandorlée
Dont le temps a rogné la tête et les tétons.
Cette muse, au-delà des cimes des pitons,
Par un grondement sourd jadis fut appelée ;
Les quatre êtres vivants, lors de son envolée,
Glissèrent dans ses mains deux mystiques bâtons.
Abandonnant au vent sa chevelure fauve,
La nymphe, qu’enveloppe un épais châle mauve,
Cherche avec passion son ménechme kouros.
À travers les destins qu’ourdit la Providence,
Sous les yeux des chayyôth, éperdue, elle danse
Dans l’éternité bleue où dort l’ouroboros.