🪶 XX – Le Jugement

Du sable cristallin qui tapisse l’écueil
Aux massifs revêtus d’une robe de neige,
Un céleste héraut regrette le manège
Qu’il observait jadis de son angélique œil.

Chaque homme, chaque femme a trouvé son cercueil
Et gît paisiblement sous le pin qui protège,
Attendant de rejoindre un ultime cortège
Ainsi que l’a prédit quelque antique recueil.

Par la trompette où pend une croix de saint Georges,
Un chant divin remplit les plaines et les gorges
Et redresse les corps de l’immense charnier ;

Tous, comme rescapés d’une éternelle éclipse,
Lèvent au ciel des bras transis d’apocalypse
Car ce jour est celui du jugement dernier.