🪶 XIII – La Mort

Famine a fait geler les champs de février,
Conquête a déchaîné les vœux de violence,
Guerre a percé les cœurs de sa sanguine lance
Et le monde entier craint l’ultime destrier.

Le voici, qui pourfend le brouillard meurtrier,
Monté d’un cavalier dont le corps se balance
D’un rythme qui réduit les vivants au silence ;
Tous, tombant à genoux, se mettent à prier.

Il s’arrête au devant d’un prince en mal d’empire
Qui, frappé de terreur, piteusement expire ;
Le règne du tyran n’avait que trop duré.

L’être repart dans l’ombre en rengainant son glaive
Et laisse sur ses pas un sillage doré :
Là-bas, entre deux tours, un jour nouveau se lève.