🪶 VIII – La Force
Sur la plaine estivale où fleurit la lavande
Se promène une femme au côté d’un lion
Dont le pelage d’or aux reflets vermillon
Ferait pâlir l’écu de la maison normande.
Elle porte à la taille une verte guirlande
Mêlant la rose au pampre, et leur vive union
Exalte avec ardeur la noble passion
Que l’orgueil du félin sans relâche commande.
La nymphe aime coiffer son altier compagnon
Qui rugit aussitôt, tout honteux et grognon,
Sous ces doigts effrontés qui lui font une tresse.
Mais quand la douce main caresse son museau,
Le fauve, tremblotant comme un petit oiseau,
Ferme le bec, de peur de fâcher sa maîtresse.