🪶 L'As de bâtons

Sur les routes, massés en taches de guépard,
Les poètes fuyant la terrestre migraine
Rêvent de l’ardent âtre où germera leur graine.
L’horizon rougeoyant invite au grand départ.

Ce feu vibre en chaque âme osant chanter son art,
Pour peu que sa cithare en reçoive l’étrenne ;
Pindare ainsi compose un millénaire thrène
Et la Joconde naît des doigts de Léonard.

Émergeant du néant, une main de lumière,
Comme l’on offrirait une rose trémière,
Tend la sacrale branche aux bourgeons méritants ;

À toi, cher voyageur, que le bâton convie,
Le brasier a parlé. Tiens-toi prêt : il est temps.
Prends donc ce sceptre et sens la flamme de la vie.